INIP ESPV
o Milieux Physique
o Exploitations agricoles
o Cultures et filières
o Environnement et politiques agricoles
  Environnement et ressources
  - L'eau: gestion conflictuelle d'une ressource rare
 
L'utilisation agricole de l'eau en pays d'Aunis
 
Les outils de gestion de l'eau
 
Les politiques de gestion de l'eau
  - Nitrates: vers une réduction de la fertilisation azotée
  - Le marais poitevin: une zone difficile à valoriser?
  - Le foncier en pays d'Aunis
  Les politiques environnementales et agricoles
  Associations
o Projets
   
   
   
   
o Avertissements
o Remerciments
o Auteurs
o Plan du site
o Télécharger le site

L'eau: gestion conflictuelle d'une ressource rare

L’utilisation agricole de l’eau en Pays d’Aunis

Historiquement, l’agriculture en Charente-Maritime était plutôt de la polyculture-élevage, associée à de la viticulture. Progressivement, les exploitations sont devenues essentiellement céréalières, et il y a 20-25 ans, l’Etat a encouragé l’irrigation et le drainage. De ce fait et en ajoutant à cela les problèmes d’écoulement, la présence du marais poitevin, une pluviométrie mal répartie et une forte demande en eau (agriculteurs, ostréiculteurs, mytiliculteurs et ménages), l’irrigation est présente dans la région depuis longtemps. Elle a connu son plus fort développement dans les années 1980 avec la mise en place de nombreux forages jusqu’en 1995 (diminution de la ressource eau, prix des céréales sur le marché décourageants…). Aujourd’hui, aucun forage ne peut être creusé et ceux qui existent doivent être déclarés et obligatoirement équipés d’un compteur d’eau. 15000 ha sont irrigués sur une SAU totale de 75000 ha.


Pourquoi l’irrigation est-elle un élément important des grandes cultures en Aunis ?


La toute première utilisation est pour la culture de maïs. Celle-ci est très exigeante en eau : pour un rendement de 80 qx/ha en maïs grain ou de 12 t de matière sèche/ha pour le maïs fourrage, on estime les besoins à 4000m3/ha lorsque seule l’eau est limitante. Mais les besoins de la plante ne sont pas les mêmes à tous les stades de développement : la période critique pendant laquelle un stress hydrique provoque le plus de dégâts est les 15 jours précédents la floraison mâle, mais un stress pendant la phase laiteuse peut aussi avoir des conséquences importantes sur le rendement . Or cette période critique correspond, sur notre zone d’étude, à la période où le déficit hydrique est le plus important : l’irrigation apporte donc l’eau nécessaire à l’élaboration du rendement. De plus, le maïs est la culture ayant la plus forte valeur ajoutée pour l’agriculteur. Elle est donc très difficilement substituable.


Mais l’irrigation peut également permettre de valoriser les cultures de printemps et les cultures industrielles.
Depuis 5 ans, la pluviométrie baisse, entraînant des situations de crise tous les ans et une diminution de la surface en maïs. Les surfaces irriguées ont donc diminué de 25%, tandis que dans le même temps, les agriculteurs ont raisonné leur consommation d’eau (utilisation de tensiomètre, outils de gestion de l’irrigation d’Arvalis…) de telle manière qu’elle puisse être très nettement inférieure au seuil de la gestion volumétrique (3000 m3/ha) sans perte de rendement. Pour cette nouvelle campagne, les agriculteurs ont encore prévu de diminuer leur surface en cultures irriguées en particulier celle du maïs. Une nouvelle alternative aux prélèvements dans les nappes en été pourrait être les réserves de substitution: 16 projets sont actuellement en réflexion en Aunis.

Il faut souligner l’importance économique de l’irrigation en Aunis depuis les années 1980-1990 : un abandon total provoquerait selon certains l’effondrement de toute la filière maïs, fondée sur cette pratique, et la mise en péril du paysage agricole avec la disparition de nombreuses exploitations.
Afin de mieux gérer en commun cette ressource, les agriculteurs irrigants se sont regroupés en une association : ASA, association des irrigants d’Aunis.
L’utilisation d’une ressource strictement pour l’usage agricole crée de nombreuses incompréhensions mais surtout des conflits environnementaux. Les associations environnementales telles que Nature Environnement 17 se positionnent contre l’irrigation.

La gestion de l’eau en Pays d’Aunis est pour tous un sujet sensible. L’agriculture est de plus en plus montrée du doigt, la ressource n’étant pas suffisante pour couvrir les besoins de grandes cultures et les besoins ménagers.
Pour réduire la consommation de l’agriculture, plusieurs outils de gestion ont été réfléchis en Pays d’Aunis. Tout d’abord, des arrêtés préfectoraux peuvent être signés, imposant une restriction de l’irrigation ou même un arrêt total de celle-ci si le niveau d’eau se trouve inférieur à certains seuil. On peut mentionner l’arrêté d’avril 2005 qui a imposé un arrêt total de l’irrigation. D’autre part, la mise en place des compteurs volumétriques et de la « gestion volumétrique », de plus en plus acceptée par les agriculteurs devait permettre de mieux contrôler les volumes. Même si cela est controversé dans la mesure où les volumes accordés sont supérieurs aux volumes nécessaires, la DDA affirme que cela a permis de réduire l’irrigation (sans baisse de rendement) à 1500m3/ha, au lieu des 2500 à 3000m3 précédemment utilisés. Enfin, les constructions (ou les projets de construction) de réserves de substitution doivent également permettre de ne pas puiser dans les forages en été, et donc de préserver la ressource. Cependant il est encore trop tôt pour affirmer que ces réserves faciliteront la gestion de l’eau en pays d’Aunis.


Retour

^ haut de la page
8-03-2006  -Angéline G. et Marion M.