I.2.1. Quelques exemples

LE RIZ

 

La photo ci-contre illustre une forme d’agriculture qui perdure et dans laquelle les modes de récolte ne modifient pas les caractéristiques de dissémination des espèces. Le riz sauvage (récolté tous les 2 jours, par des femmes et enfants fouettant les épis à l'aide de paniers tressés retenant les épillets prêts à tomber) conserve sa caducité.
Dans ce cas, le syndrome de domestication n’est pas très net : sur des sites archéologiques, on ne pourrait pas observer de syndromes de cultures domestiquées si ce n'est une légère augmentation de la taille des épis.

 

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                Récolte de graminées sauvages
       (environ du lac Tchad, J. Pernes, La Recherche)

LE BLE

 

Ce schéma représente les principaux changements observés chez les blés diploïdes. Les graines de type sauvage sont petites et très riches en protéines, alors que celles de type cultivé sont beaucoup plus grosses et plus riches en amidon. On constate également des changements au niveau de la forme du grain, des extrémités des glumes, des entre-nœuds… Tous ces caractères sont parfaitement repérables sur des sites archéologiques. Grâce à des datations de type carbone 14, il est possible de dater l’époque d'apparition de ces différents types de céréales et de mettre en évidence toutes les phases de transition. Refaire une chronologie des étapes de domestication nécessite néanmoins de disposer de sites archéologiques en bon état.

 

Des études ont permis de montrer qu'agriculture et domestication sont deux événements différents qui s’inscrivent dans la durée. De nombreuses espèces de céréales (seigle, orge, blé...) ont été domestiquées dans la région du croissant fertile. On note par exemple la présence de graines d’orge sauvage très tôt (aux environs de – 15 000, -17 000) et des accumulations prouvent qu'elles étaient d'ores et déjà utilisées par l’homme.  Entre l'observation de formes sauvages et cultivées sur un même site il s'est écoulé une période d'environ 3 000 ans. Cette transition s'est opérée dans un cadre où existait une forme d’agriculture et ne s’est pas fait instantanément (3000 ans représentent environ 3000 générations de blé, et une centaine de générations d’homo sapiens).

LE MAÏS

 

Avant l'avènement des techniques de biologie moléculaire, les systématiciens ne s'accordaient pas sur la définition de l'ancêtre sauvage du maïs. Trois espèces étaient candidates : Z. m. mexicana, Z. mM parviglumis, Z. m. huehuetenanguensis. Des études récentes basées sur l'utilisation de marqueurs génétiques (microsatellites) ont déterminé que l’ancêtre le plus vraisemblable du maïs est Zea parviglumis, la proximité étant nettement plus grande avec cette espèce qu’avec les autres.

 

La domestication de la téosinte a engendré des différences morphologiques gigantesques : Une plante de maïs est 1.5 à 2 fois plus haute qu’une téosinte. En général, le maïs est monotalle alors que la téosinte est fortement tallante. Chez le maïs les inflorescences femelles sont séparées de la partie mâle alors que chez la téosinte elles sont rassemblés. La forme de l’épi de maïs est tout à fait différente, avec de nombreux rangs autour du rachi, etc. Ces différences très marquées expliquent que pendant longtemps, on classa mais et téosinte dans des espèces voir dans des genres différents.

LE SORGHO

 

Certaines espèces, dont le sorgho, ont été domestiquées sur de larges étendues et non pas sur une zone géographique particulière. On parle dans ce cas de "domestication en non-centre". Des espèces sauvages différentes de sorgho couvrent à peu près toute l’Afrique (à l'exception de la partie désertique). Les domestications diverses et variées qui se sont produites sur ce continent pendant plusieurs générations ont abouti à des formes assez différentes.

LE MIL

 

Le mil est une espèce très importante en Afrique. Chez les espèces sauvages, les fleurs males et femelles se développent sur une même inflorescence, et à la base des soies se trouvent de petites graines à peine visibles facilement disséminables par le vent et les animaux, alors chez les plantes cultivées, les épis sont de forme ronde ou allongée avec de nombreux grains beaucoup plus gros. Malgré leurs différences, ces deux formes sont parfaitement interfertiles. Dans les zones où des formes sauvages se trouvent à proximité de champs cultivés, on trouve des formes hybrides.

 

 

 


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