III.1.1. Gestion du stock organique

Au sens large, la matière organique du sol est l'ensemble des constituants organiques vivants et morts présents dans le sol (résidus de tissus végétaux plus ou moins altérés, biomasse microbienne et faunique, racines des végétaux, composés organiques dissous dans l'eau, substances humiques). La taille de ces compartiments (c’est à dire la quantité de carbone qu’ils représentent) est très variable selon la nature des couverts végétaux, des conditions climatiques et des modalités d'utilisation des sols.

La matière organique des sols comprend des substances très variées, provenant de l’activité biochimique des bactéries, des actinomycètes et des champignons du sol, qui évoluent suivant des cinétiques très différentes. Les hydrates de carbone du sol (cellulose, hémicelluloses provenant de la décomposition des tissus végétaux, polysaccharides synthétisés par les micro-organismes du sol) sont en général très rapidement dégradés. Les substances humiques (acides fulviques, acides humiques, humines) en revanche sont plus stables, leur minéralisation étant très lente. L’ensemble de ces substances humiques constitue l'humus (bien que ce mot soit aussi utilisé pour désigner l'ensemble des constituants organiques morts) dont le rôle sur la qualité du sol est essentiel : amélioration de la stabilité structurale et de la capacité de rétention des cations ; réserve d’éléments minéraux ; substrat de la vie microbienne ; agent de rétention de substances polluantes… Les principales propriétés de ces molécules sont dues aux groupements acides (carboxyliques et phénoliques) qui en font des échangeurs de cations et des agents complexant des métaux.


le stock de matières organiques dans le sol résulte d'un BILAN


Le stock de carbone du sol résulte d’un bilan entre les flux d’entrée, qui dépendent de la quantité et de la qualité des restitutions organiques et les flux de sortie, dont l’intensité dépend de la vitesse de la minéralisation, résultant de l’activité des micro-organismes du sol. Le dégagement de CO2 résultant de la respiration des organismes vivants du sol et des plantes s’oppose ainsi, dans le cycle du carbone à la fixation de gaz carbonique par la photosynthèse. L’étude de ce bilan revêt une importance considérable, non seulement pour l’étude de l’évolution du statut organique des sols cultivés mais également pour apprécier la contribution de ces phénomènes à l’évolution de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère (effet de serre).


le cycle du carbone
 

 


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